Rencontre avec René Mayer, professeur invité

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À l’occasion de son séjour à Arts et Métiers, René Mayer, professeur à Polytechnique Montréal, revient sur son parcours, sa collaboration avec Fabien Viprey et les bénéfices des échanges internationaux pour la recherche.

Quelles sont les raisons qui vous ont poussée à accepter cette invitation à Arts et Métiers, et comment s’est construite votre collaboration au LaBoMaP ?

J’ai accepté cette invitation parce qu’elle s’inscrit dans une collaboration scientifique que nous développons depuis plusieurs années. J’ai fait la connaissance de Fabien Viprey lorsque j’ai été examinateur externe de sa thèse de doctorat. Même si nos approches différaient, nous travaillions déjà sur un objectif commun : la mesure et la précision des machines-outils.

Depuis 2022, nous avons également mis en place un programme d’échanges qui permet à des étudiants d'Arts et Métiers de venir à Polytechnique Montréal pour réaliser des projets, suivre des cours ou préparer leur poursuite d’études. Ces échanges constituent un levier important pour développer des projets communs et encourager les jeunes chercheurs à s’ouvrir à l’international.

Quel est votre ressenti après 1 mois passé en France ?

Ce n’était pas ma première expérience en France, puisque j’y suis déjà venu à plusieurs reprises pour des soutenances de thèse et des collaborations scientifiques. Ce séjour m’a toutefois permis de mieux comprendre le fonctionnement de la recherche à Arts et Métiers et d’échanger davantage avec les collègues impliqués dans différents projets.

J’ai toutefois constaté que l’accès aux ressources techniques pouvait parfois être plus complexe que dans mon environnement habituel, il y a peut-être moins de techniciens disponibles pour supporter les professeurs et les étudiants. Malgré cela, j’ai trouvé que les échanges étaient très enrichissants.

Selon vous, quels sont les bénéfices d'une collaboration internationale ? Et que diriez-vous de votre expérience avec Arts et Métiers ?

Pour moi, une collaboration internationale permet avant tout de produire une recherche plus riche et plus ambitieuse. Chaque partenaire apporte ses compétences, ses ressources et sa manière de voir les problèmes. C’est souvent cette complémentarité qui permet d’aller plus loin que ce que chacun pourrait accomplir seul.

Travailler avec des collègues d’autres pays apporte aussi un regard neuf. On a parfois l’impression d’avoir exploré toutes les pistes possibles sur un sujet, puis un partenaire propose une approche différente qui ouvre de nouvelles perspectives. Cet enrichissement mutuel est l’un des grands intérêts de la collaboration internationale.

Mon expérience avec Arts et Métiers est très positive. J’apprécie également les possibilités offertes aux étudiants de venir effectuer des séjours à Montréal, ce qui constitue une excellente porte d’entrée vers la recherche.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire de la métrologie et de vous orienter vers la recherche ?

À l’origine, je m’étais orienté vers la robotique lors de ma formation d’ingénieur. C’est au cours de mes études que j’ai découvert la métrologie et plus particulièrement la mesure de la précision des robots. J’ai eu l’opportunité de travailler sur des systèmes optiques destinés à mesurer leurs mouvements, ce qui m’a permis de développer des compétences en électronique, en optique et en programmation.

Par la suite, lorsque je suis revenu au Canada, j’ai progressivement orienté mes travaux vers les machines-outils, un domaine particulièrement important pour l’industrie aérospatiale montréalaise. J’ai alors choisi de développer des méthodes simples, robustes et peu coûteuses pour évaluer et améliorer la précision des machines. Cette approche pragmatique est devenue une véritable ligne directrice dans ma carrière scientifique.

Quand avez-vous décidé de devenir chercheur ?

En réalité, je n’avais pas prévu au départ de devenir chercheur. À la fin de mes études d’ingénieur, le contexte économique était difficile et les opportunités d’emploi étaient limitées. J’ai donc demandé une bourse pour poursuivre des études de maîtrise, principalement afin d’acquérir une spécialisation supplémentaire.

C’est progressivement que je me suis découvert un intérêt pour la recherche. Après la maîtrise, j’ai poursuivi en doctorat et obtenu un financement qui m’a permis de continuer dans cette voie. Mon parcours ne résulte donc pas d’une décision prise très tôt, mais plutôt d’une succession d’opportunités et de découvertes qui m’ont conduit naturellement vers la recherche.

Je n’avais pas non plus l’ambition initiale de devenir professeur. Cependant, au fil du temps, j’ai réalisé que ce métier offrait une grande liberté pour développer des projets, collaborer avec l’industrie et explorer de nouvelles idées scientifiques. C’est cette autonomie qui me plaît encore aujourd’hui.

Quels conseils donneriez-vous à des étudiants intéressés par une carrière dans la recherche ?

Mon principal conseil serait de commencer par expérimenter concrètement la recherche. Beaucoup d’étudiants ne savent pas vraiment ce qu’est la recherche. La meilleure façon de le découvrir est de participer à un projet, même de petite taille, avec un enseignant-chercheur. Je préconise plutôt les projets individuels que collectif.

Je recommande également de saisir les occasions d’échanges internationaux lorsqu’elles se présentent. Découvrir un autre laboratoire, une autre culture scientifique ou une autre façon de travailler est extrêmement formateur.

A propos

René Mayer est professeur titulaire à Polytechnique Montréal avec une expertise en métrologie des machines-outils, avec un intérêt particulier pour les méthodes de mesure autonomes, la modélisation des erreurs et leur compensation logicielle. 

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