Aux côtés de cinq autres élèves Arts et Métiers, Léontine Laurent et Solène Molimard, se sont engagées dans la Convention scientifique étudiante sur la décarbonation de la construction ciment-béton, organisée par l’IESF. Un moyen de s’impliquer concrètement dans la décarbonation de l’industrie.
« On voulait agir sur un sujet qui a un réel impact écologique »
Léontine et Solène, toutes deux étudiantes en Programme Grande Écoles sur le campus de Metz, postulent pour participer à cette convention scientifique sans savoir exactement à quoi s’attendre. Après un dossier de motivation et un entretien, elles sont sélectionnées parmi près de deux cents candidats pour intégrer un panel de cinquante étudiants venus de toute la France (dont cinq autres étudiants venus d’autres campus Arts et Métiers - lire l'article dédié).
À l’origine de leur engagement, une motivation forte : contribuer à la lutte contre le changement climatique, même dans un domaine qu’elles ne connaissaient pas encore.
Solène se souvient : « Je ne connaissais rien au BTP, mais le côté développement durable m’a tout de suite intéressé. »
Comprendre pour mieux transformer
Pendant quatre mois, à raison d’un week-end par mois, les participants travaillent à Paris, dans des lieux d’exception, aux côtés de chercheurs, d’industriels et d’acteurs publics. L’objectif : comprendre en profondeur l’impact environnemental du ciment et du béton afin de formuler des recommandations scientifiquement solides.
« Le premier week-end a servi à poser le contexte, se rappelle Solène. On a tout découvert sur le ciment : sa fabrication, ses émissions de CO₂, les grands enjeux climatiques associés, etc. »
Progressivement, Léontine et Solène prennent conscience de la complexité du sujet et de l’ampleur des transformations nécessaires : « On se rend compte qu’il n’y a pas de solution miracle et que ça n’est pas seulement une question de technologie ou de captation du carbone. », confie Léontine.
La sobriété comme fil conducteur
L’un des messages clés qui émerge des travaux de la convention est celui de la sobriété. Une notion parfois moins visible que l’innovation technologique, mais centrale dans les recommandations finales.
« La première idée, c’est de se demander s’il faut vraiment construire, résume Léontine. Il y a énormément de bâtiments déjà existants et très peu utilisés. Réhabiliter plutôt que construire du neuf peut avoir un impact énorme. »
Solène insiste également sur cette remise en question des usages : « On pousse souvent à la surperformance avec des normes très strictes et des coefficients de sécurité élevés. Mais on peut aussi repenser la manière de concevoir les bâtiments et trouver des alternatives au béton. »
Une question qui passe aussi par un changement de mentalité chez les professionnels du secteur et les usagers.
Débattre, écouter, construire ensemble
Au-delà du fond scientifique, la convention a été une expérience humaine intense. Travailler à cinquante, avec des profils très différents, oblige à confronter les points de vue et à apprendre à écouter.
« Lors des sessions spécifiques et très techniques sur le béton, j’ai eu du mal à suivre, reconnaît Léontine. Mais alors que d’autres avaient cette vision très fine et technique, nous apportions plutôt une approche globale. Nos compétences se complétaient ! »
Solène retient surtout la richesse du collectif : « La pluralité des points de vue est essentielle. C’était une vraie fourmilière d’idées, avec des débats parfois longs, mais toujours constructifs. »
Sous la houlette d’un cabinet spécialisé dans les débats collectifs, chaque recommandation a été discutée, (re)travaillée, puis votée, dans un cadre méthodologique rigoureux.
« Ça nous fait une première expérience avant de rentrer dans une entreprise où on va devoir prendre des décisions avec des personnes aux profils différents. », positive Léontine.
Un engagement qui dépasse la convention
La restitution finale du rapport, organisée au Conseil économique, social et environnemental, a marqué une étape symbolique forte. Mais pour le collectif, l’engagement ne s’arrête pas là.
« Le but maintenant, c’est que ce rapport soit entendu par les décideurs, explique Solène. Si la commande publique évolue, cela peut vraiment inciter à adopter des pratiques plus durables. »
Toutes deux ressortent de cette expérience grandies :
« Les week-end de travail étaient éprouvants mais je pourrais recommencer du début à la fin », conclut Léontine.
« C’était une expérience extrêmement enrichissante, se remémore Solène. C’était épuisant mais c’est tellement fou d’avoir pu rédiger un tel rapport de manière collective en seulement quatre week-end ! »