Arts et Métiers a récemment accueilli deux professeurs invités au sein de ses laboratoires : Erick Franklin, professeur associé à l'Université de Campinas (Brésil), et Nicole Demarquette, professeure à l'École de technologie supérieure de Montréal (Canada).
Les collaborations internationales permettent de tisser des liens et d'élargir son réseau, ouvrant la voie à de nouveaux projets et à des échanges fructueux.
Chaque année, Arts et Métiers accueille des professeurs invités venus d'universités partenaires à travers le monde. Ces séjours, d'une durée de quelques semaines à plusieurs mois, permettent aux enseignants-chercheurs de développer de nouvelles collaborations scientifiques, de partager leurs expertises avec les équipes de l'École et de faire émerger des projets communs, qu'il s'agisse de publications, de financements internationaux ou de mobilités pour les doctorants.
Ces derniers mois, deux chercheurs ont rejoint les laboratoires d'Arts et Métiers : Erick Franklin, professeur associé à l'Université de Campinas (Brésil), accueilli par Jorge Peixinho, et Nicole Demarquette, professeure à l'École de technologie supérieure de Montréal (Canada), invitée par Cyrille Sollogoub. Tous deux portent le même regard sur ces mobilités : elles constituent un accélérateur de la recherche et un formidable levier de coopération internationale.
Des collaborations construites dans le temps
Pour Erick Franklin, spécialiste de la mécanique des fluides et des milieux granulaires, cette invitation s'inscrit dans une collaboration de longue date avec Jorge Peixinho. « Lorsque l'opportunité s'est présentée, j'ai accepté immédiatement. Je connaissais déjà Arts et Métiers et j'avais eu des expériences très positives lors de mes précédentes visites », explique-t-il. Leur partenariat, initié en 2015, a déjà donné lieu à plusieurs projets franco-brésiliens. Ce nouveau séjour a permis de poursuivre des essais expérimentaux sur les cisaillements granulaires, de finaliser un article scientifique et de préparer un nouveau projet ANR-FAPESP.
Nicole Demarquette est, elle aussi, venue consolider une collaboration déjà engagée. En congé sabbatique, elle a souhaité profiter de cette période pour approfondir ses travaux avec Cyrille Sollogoub autour des polymères et des matériaux multicouches. « Nos échanges lors de conférences ont rapidement mis en évidence des intérêts scientifiques communs. Cette mobilité nous permet aujourd'hui de structurer de nouveaux projets ensemble », souligne-t-elle.
Une recherche qui s'enrichit grâce aux échanges internationaux
Au-delà des projets scientifiques, les deux chercheurs insistent sur ce que ces mobilités apportent aux équipes de recherche.
Pour Erick Franklin, les collaborations internationales permettent avant tout « de tisser des liens et d'élargir son réseau », tout en bénéficiant de compétences complémentaires. Il cite notamment l'expertise d'Arts et Métiers dans la conduite d'essais complexes en rhéologie ainsi que les capacités en fabrication additive, qui ouvrent de nouvelles possibilités expérimentales.
Nicole Demarquette partage cette vision. Selon elle, « la collaboration internationale permet de croiser des expertises, de construire des projets plus ambitieux et d'ouvrir des opportunités de financement et de mobilité, notamment pour les doctorants ». Durant son séjour, elle a d'ailleurs rencontré plusieurs équipes de recherche de l'École et identifié de nouvelles perspectives de coopération, notamment autour de doctorats en bi-diplomation.
Tous deux évoquent également la qualité de leur accueil. Erick Franklin résume son expérience en quelques mots : « Mon expérience à Arts et Métiers a été très positive, tant sur le plan humain que professionnel. » Nicole Demarquette décrit quant à elle « un environnement stimulant », propice aux échanges scientifiques et à l'émergence de nouvelles idées.
La curiosité comme fil conducteur
Si leurs domaines de recherche sont différents, leurs parcours présentent un point commun : la curiosité scientifique.
Après plusieurs années comme ingénieur dans l'aéronautique, Erick Franklin a choisi de reprendre ses études pour mieux comprendre les phénomènes physiques rencontrés dans son métier. « C'est en travaillant dans l'industrie que j'ai ressenti le besoin de comprendre les phénomènes en profondeur. La passion pour la recherche s'est affirmée au fil du temps », raconte-t-il.
Nicole Demarquette évoque un cheminement similaire. Attirée très tôt par les mathématiques appliquées, la mécanique des fluides et les matériaux, elle explique que son orientation « s'est faite progressivement, portée par une forte curiosité intellectuelle et l'envie d'approfondir les concepts ».
À destination des étudiants qui envisagent une carrière scientifique, leur message est sans équivoque. Pour Erick Franklin, « il faut choisir un sujet qui passionne et accepter d'explorer l'inconnu ». Nicole Demarquette rappelle quant à elle que « la recherche est une passion plus qu'un simple emploi » et insiste sur l'importance de cultiver cette curiosité dès le plus jeune âge.
À travers ces accueils, Arts et Métiers poursuit le développement de son réseau international et renforce les coopérations scientifiques avec des partenaires académiques de premier plan. Ces échanges favorisent l'émergence de nouveaux projets, enrichissent les travaux des laboratoires et contribuent à offrir un environnement de recherche toujours plus ouvert sur le monde.
À propos

Nicole Demarquette est Professeure à l’école de technologie supérieure de Montréal. Elle spécialisée en rhéologie des polymères, une discipline entre la physique, génie mécanique et le génie chimique, axée sur l’écoulement des matériaux et des fluides complexes. Elle a obtenu un diplôme d’ingénieur à Grenoble, suivi d’un DEA, puis d’une maîtrise et d’un doctorat à l’université McGill à Montréal. Après cela, elle a travaillé plus de quinze ans comme professeur à l’université de São Paulo au Brésil avant de revenir au Canada, à l’École de technologie supérieure de Montréal.

Le professeur Erick de Moraes Franklin est ingénieur mécanicien diplômé de l’Université de Campinas (UNICAMP) au Brésil. Après une expérience en tant qu’ingénieur chez EMBRAER, il a poursuivi un master en génie mécanique à UNICAMP, puis un second master et un doctorat en dynamique des fluides à l’Université Paul Sabatier – Toulouse III, en France. Sa thèse portait sur la dynamique des dunes dans les écoulements cisaillés. Il a ensuite occupé des postes de chercheur et d’enseignant à UNICAMP et à l’Université Fédérale d’Itajuba (UNIFEI). Depuis 2022, il est professeur associé à l’École d’ingénierie mécanique de UNICAMP. Spécialiste reconnu en mécanique des fluides et milieux granulaires, il a reçu le prix ABCM-EMBRAER pour l’encadrement de la meilleure thèse de doctorat en génie mécanique en 2020.