« Foncez, si vous êtes curieux ! » : Maxence et Sayam en Stage de fin d'études au Japon

Maxence et Sayam SFE au Japon 2026
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Dans le cadre de leur stage de fin d’études, Maxence et Sayam, étudiants d’Arts et Métiers, ont choisi de rejoindre un laboratoire de recherche à l’université Waseda, au Japon, dans le cadre d’une collaboration initiée en 2025 avec le laboratoire L2EP du campus Arts et Métiers de Lille.

Maxence Acket-Goemaere et Sayam Mouttapa : un stage de fin d'études à l'Université Waseda au Japon dans le cadre d'un partenariat avec le laboratoire L2EP de Lille

Cette mobilité internationale est l’aboutissement d’un partenariat né notamment de l’accueil, l’année dernière sur le campus de Lille au sein du laboratoire L2EP, du professeur Hideyuki Sawada, enseignant-chercheur japonais reconnu pour ses travaux en robotique, traitement du son, de l’image et du toucher. Une rencontre décisive, qui a permis de transformer un échange scientifique en opportunité concrète pour les étudiants.

« Cette discussion entre le professeur Sawada et Christophe Giraud-Audine, notre encadrant au L2EP, a été le point de départ de notre opportunité de stage de fin d’études. Sans cette rencontre à Lille, ce stage n’aurait probablement jamais existé », explique Maxence.

Deux parcours différents, une même curiosité pour la recherche

Issus de trajectoires différentes, Maxence et Sayam se retrouvent pourtant autour d’un intérêt commun pour la robotique, l’innovation et la recherche.

Maxence, ancien élève de CPGE PCSI à Faidherbe puis PSI* à Baggio, est aujourd’hui étudiant Arts et Métiers sur le campus de Lille, en troisième année du Programme Grande École en expertise IRIS.

Sayam, passé par une classe préparatoire PT au lycée Jules Ferry à Versailles, a également intégré le campus de Lille, puis a choisi de suivre le parcours de Master de Recherche SAR « Systèmes Avancés et Robotique » en troisième année, en double diplôme avec Sorbonne Université.

« L’expertise IRIS des Arts et Métiers de Lille est plutôt orientée vers l’application industrielle. Effectuer un stage de fin d’études en laboratoire de recherche m’a permis de découvrir l’innovation plus amont, en partant d’une idée et en construisant un système de A à Z », confie Maxence.

Pour Sayam, dont le Master est davantage tourné vers la recherche, ce stage s’inscrivait presque naturellement dans son parcours : « J’avais un intérêt fort pour la robotique et pour l’haptique. Quand j’ai vu le sujet, c’était assez évident de candidater », explique-t-il. « Et le fait que ce soit au Japon, dont je parle la langue et où une partie de ma famille vit, a vraiment renforcé ma motivation. »

Un sujet de recherche entre origami et fils en alliage à mémoire de forme

Le projet confié aux deux étudiants repose sur une combinaison originale entre structures d’origami et fils en alliage à mémoire de forme, capables de se rétracter sous l’effet de la chaleur. Deux dimensions technologiques qui ouvrent de nombreuses perspectives d’investigations.

« L’idée, c’est de prendre ces deux éléments et de les combiner », détaille Maxence. « D’une part pour du retour haptique, donc la génération de sensations tactiles sur la peau et d’autre part pour la robotique souple. »
Le laboratoire du professeur Sawada est en effet reconnu pour ses travaux pionniers sur l’intégration des fils à mémoire de forme en robotique.

« Ces fils ont beaucoup de limitations techniques, et ils ont réussi ici à trouver des méthodes d’application qui permettent vraiment de les utiliser en robotique souple. C’est assez précurseur », souligne Sayam.

Un stage volontairement exploratoire

Leur stage de fin d’études, d’une durée totale de six mois, est structuré entre la France et le Japon : un mois de préparation au sein du L2EP de Lille, trois mois à l’Université Waseda, qui permettront par ailleurs aux deux étudiants de valider leur période de mobilité internationale, puis deux mois de retour en France pour approfondir et valoriser les résultats.

La première phase, menée au sein du L2EP, mais également de l’IRCICA, visait à monter en compétence sur les fils à mémoire de forme et à concevoir un prototype fonctionnel avant le départ au Japon.

« Il n’y avait pas de cahier des charges, pas d’exigences ou d’applications fixées », explique Maxence. « On est vraiment dans une méthode exploratoire : voir jusqu’où on peut aller, ce qui marche, ce qui ne marche pas… et construire progressivement. »

Une immersion totale dans le domaine et les méthodes de recherche académique, mais qui reste en continuité avec la pédagogie Arts et Métiers.

« La structure de travail est finalement assez similaire à nos projets : état de l’art, réflexion prospective... La grande différence, c’est qu’ici, c’est à nous de définir nos propres objectifs », ajoute-t-il.

Une immersion dans un laboratoire japonais de pointe et très prestigieux

À Waseda, Maxence et Sayam ont eu l’opportunité d’intégrer le laboratoire du Professeur Sawada, à la pointe de la recherche en robotique souple, où les projets couvrent également la réalité virtuelle, la réalité augmentée et l’intelligence artificielle.

Le rythme de travail y est soutenu et notamment ponctué d’échanges hebdomadaires avec les encadrants français et japonais, de présentations bimensuelles de l’avancement devant l’ensemble du laboratoire japonais, mais également de participation aux présentations de thèses et aux séminaires de recherche des équipes de Waseda.

« Toutes les deux semaines, on présente nos avancées à une trentaine de personnes. C’est très formateur, et toujours dans une ambiance bienveillante », raconte Sayam.

« On bénéficie énormément des retours d’expérience des chercheurs du laboratoire, ce qui nous pousse à aller plus loin et à aiguiller nos avancées… »

De nouvelles compétences… et une autre manière de penser

Sur le plan technique, les étudiants ont développé des compétences pointues, notamment en commande numérique, modulation de signal, traitement d’images et mesure de déplacements, CAO et prototypage mais également en impression 3D multi-matériaux.

Mais au-delà des outils, c’est surtout la démarche de recherche qui les a marqués.

« On ne peut pas se permettre de faire des prototypes à l’infini », explique Sayam. « Du coup, on est obligés de beaucoup réfléchir en amont, de modéliser, de documenter, de vérifier auprès d’experts avant de se lancer. »

Maxence complète : « On nous oriente vers des méthodes, mais on apprend beaucoup par nous-mêmes. Ça pousse à prendre du recul et à développer une vraie autonomie intellectuelle. »

Une expérience humaine et culturelle forte

En dehors du laboratoire, l’immersion japonaise est tout aussi marquante. Les deux étudiants logent dans une « share house », à une quarantaine de minutes à pied du campus.

« C’est très répandu ici : chacun a sa chambre, et on partage la cuisine et les sanitaires », raconte Maxence. « On a dû chercher par nous-mêmes car les logements de l’université Waseda étaient pleins, mais finalement c’est une très bonne solution. »

L’accueil au sein du laboratoire est unanimement salué : « On a réussi à se faire des amis, à sortir, à découvrir la culture locale. L’environnement est très bienveillant, même lors des premières présentations après le jet-lag », sourit Sayam.

Des perspectives désormais plus claires

À l’issue de cette expérience, les deux étudiants ont affiné leur vision de l’avenir.

« Je me vois plutôt aller vers l’industrie, pourquoi pas en R&D, mais au sein d’une entreprise », confie Maxence. « Cette expérience m’a permis de comprendre ce que je recherche : des objectifs clairs, tout en gardant une dimension innovante. »

Sayam, de son côté, garde un intérêt marqué pour la recherche, sans forcément s’y projeter à long terme : « Ça m’a permis de comprendre ce qu’est le domaine de la recherche et la manière de penser qui va avec. Même si ce n’est pas forcément pour toute une carrière, c’est extrêmement formateur. »

« Une expérience à tenter, si le sujet vous parle »

Tous deux encouragent les étudiants d'Arts et Métiers à saisir ce type d’opportunités, à condition d’en comprendre les spécificités.

« Le stage est plutôt éloigné de ce sur quoi j’ai pu travailler dans ma scolarité », reconnaît Maxence. « Mais humainement et intellectuellement, c’est une expérience incroyable. »

Sayam conclut simplement : « Si le domaine vous intéresse et que vous êtes ouverts à la culture, foncez. Il y a forcément de très belles découvertes à la clé. »

À travers le parcours de Maxence et Sayam, ce stage illustre pleinement la force des partenariats internationaux portés par Arts et Métiers et, en l'occurence, le L2EP du campus de Lille : des collaborations qui donnent naissance à des expériences humaines, scientifiques et professionnelles profondément structurantes pour les futurs ingénieurs.

Prototype origami fils à mémoire de forme

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