Convention scientifique sur les connaissances : Arts et Métiers contribue au débat

Eleanor Fontaine, Lou Grimal, Agathe Navailles et Baptiste Sandoz - ENSAM
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Baptiste Sandoz et Agathe Navailles font partie des 50 scientifiques tiré·es au sort qui ont participé à la Convention scientifique sur les connaissances.

Comment les connaissances scientifiques sont-elles produites, diffusées et reçues par la société ? Comment renforcer la confiance entre science, institutions et citoyens ? Ces questions étaient au cœur de la Convention scientifique sur les connaissances, organisée par Ingénieurs et Scientifiques de France (IESF).

« Un moyen très intéressant de se poser les questions des relations entre la science et la société »

« J'ai toujours été sensible à la communication scientifique vers le grand public, explique Baptiste Sandoz, maître de conférences à l’Institut de Biomécanique Humaine Georges Charpak qui y a participé. Cette convention m'a semblé être un moyen très intéressant de se poser les questions des relations entre la science et la société, comment la science est communiquée et perçue par la société. Je suis en particulier intéressé et inquiet par les mécanismes qui mènent à la popularisation des fakes news et des décisions qui vont à l'encontre des données de la science. »

« J’avais conscience de tout ce que l’on perd à cloisonner la recherche de la société »

Agathe Navailles, doctorante au Laboratoire d’Ingénierie en Mécanique et des Matériaux, a également participé aux débats : « J’ai accepté de participer à cette convention dès ma première année de thèse, consacrée au recyclage des plastiques. Ces premiers mois m’ont d’abord initié à l’écosystème de la recherche académique. Par ailleurs, par le caractère intrinsèquement sociétal de mon sujet d’étude, ce début de thèse m’a fait prendre conscience de tout ce que l’on perd à cloisonner la recherche de la société. »

De plus, côté Arts et Métiers, Lou Grimal, enseignante-chercheuse à Chambéry, faisait partie du comité de pilotage.

Imaginer l’évolution des relations entre science et société

Au fil des échanges, de nombreux enjeux contemporains ont été abordés : sciences participatives, médiation scientifique dans les territoires, relations entre scientifiques et décideurs publics, fonctionnement du système de publication ou encore rôle des influenceurs scientifiques dans l’espace public.

Investir une question de recherche par différents champs possibles

Les participants ont également travaillé sur la question centrale de la confiance dans la science, lors de tables rondes et d’ateliers prospectifs visant à imaginer l’évolution des relations entre science et société à l’horizon 2050.

« Cela a été passionnant de discuter avec des chercheuses et chercheurs de domaines scientifiques très différents du mien, reprend Baptiste Sandoz. Cela m'a confirmé qu'il est nécessaire d'investir une question de recherche par différents champs possibles, que ce soit sciences de l'ingénieur, sciences humaines et sociales, etc. »

Intégrer pleinement la médiation scientifique au travail de recherche

« Les échanges de la convention scientifique m'ont confirmé la nécessité d'intégrer pleinement la médiation scientifique au travail de recherche, indique pour sa part Agathe Navailles. En revanche, je n'avais pas réalisé l'influence de la temporalité, notamment des financements par appel à projet, sur la production scientifique. »

Communiquer largement sur les recommandations

L’enjeu est désormais de faire vivre les recommandations émises par la convention, en les diffusant auprès du monde académique, des institutions, des associations et du grand public.

« Nous essayons de communiquer largement sur l'existence de ces recommandations et avons déjà présenté le principe de la convention lors de l'AG des laboratoires, souligne Baptiste Sandoz. Nous restons à disposition de toute personne souhaitant organiser une rencontre, discussion, table ronde autour du fonctionnement de la convention et de son rapport. Les organisateurs de la convention sont également prêts à se rendre disponibles pour se déplacer sur les campus. »

« Certaines recommandations sont soutenues par Arts et Métiers, précise Agathe Navailles. Une formation à la médiation scientifique est par exemple envisagée pour les doctorants de l’école lors des journées annuelles de J1A ou J2A. »

Déjà des actions en cours à Arts et Métiers

« Six recommandations de ce rapport trouvent particulièrement écho dans la feuille de route DD&RS d’Arts et Métiers et son axe recherche et innovation à différents degrés de maturité (plus d’informations), détaille Eléanor Fontaine, directrice de la Recherche à la DGARI. Par exemple, dans les actions en cours, former avec la DISSO les personnes impliquées dans la production de connaissances scientifiques à formater leurs données pour les rendre FAIR (Facile à trouver, accessible, interopérable et réutilisable), instituer des temps collectifs dédiés à la diffusion et à la culture scientifique (Fête de la science, Journées Portes Ouvertes...) ou encore faire des infrastructures de recherche des espaces visibles et attirants pour la société civile notamment via les projets ELF. De même, nous avons commencé à intégrer la médiation scientifique dans les parcours de formation et les carrières. Par exemple, une première master class ainsi qu'un workshop sur la vulgarisation scientifique ont été organisés en février et mars. »

De plus des discussions ont déjà été amorcées entre la DGARI et la direction de la communication pour lancer des actions en réponse aux recommandations qui visent à augmenter la présence des scientifiques et organismes de recherche sur les réseaux sociaux et à renforcer les compétences en communication des scientifiques.

La Convention scientifique sur les connaissances a réuni, entre octobre 2025 et janvier 2026, 50 scientifiques issus de disciplines et d’horizons variés, afin de réfléchir collectivement à la manière dont les connaissances sont produites, médiées et appropriées par la société civile. Inspirée du principe des conventions citoyennes, l’initiative s’est déroulée sur plusieurs sessions de travail organisées dans différents établissements d’enseignement supérieur, notamment à l’Université Paris-Est Créteil, à l’institut Arts et Métiers de Chambéry, à l’université de Technologie de Troyes et à Nantes. 

À l’issue de ces travaux, un rapport comprenant 58 recommandations a été remis officiellement au Sénat en février 2026. Ces propositions visent à améliorer la diffusion des connaissances scientifiques, renforcer leur médiation auprès du grand public et favoriser un dialogue plus étroit entre chercheurs, institutions et citoyens. 

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