Entre aventure, solidarité et dépassement de soi, Esteban et Lucas, deux apprentis en 3e année du Programme de spécialité Mécanique sur le campus d’Aix-en-Provence, ont décidé de relever le défi du 4L Trophy. Attirés depuis longtemps par ce raid mythique à travers le désert marocain, ils y ont vu bien plus qu’un simple voyage : une expérience humaine forte, mêlant esprit d’équipe et engagement humanitaire.
Pourquoi avoir choisi de vous engager dans le 4L Trophy ?
Nous avons choisi de participer au 4LTrophy parce que c’est un projet dont nous parlions depuis longtemps tous les deux. C’était un vrai défi que nous voulions nous lancer ensemble : partir dans le désert, sortir de notre quotidien, vivre une aventure forte, mais aussi nous engager dans quelque chose qui a du sens grâce à la dimension humanitaire du raid.
Ce qui nous attirait, ce n’était pas seulement le voyage ou l’aspect mécanique, mais tout ce que représente le 4LTrophy : la solidarité, l’entraide, le dépassement de soi et l’engagement. C’est une aventure unique, à la fois intense humainement et très enrichissante.
Quel rôle a joué Arts et Métiers dans ce projet ?
L’Ecole nous a beaucoup aidés. Nous avons pu utiliser le Fablab pour la réalisation notamment en impression d’éléments pour l’intérieur du véhicule.
Nous avons aussi été soutenus financièrement grâce au fond de solidarité au développement des initiatives étudiantes (FSDIE), qui nous a aidés à lever des fonds et à faire avancer le projet.
Au-delà de l’aide matérielle et financière, nous avons aussi bénéficié du soutien de nombreux camarades, de proches et de professeurs. Certains nous ont aidés à travailler sur la voiture, d’autres à résoudre des problèmes techniques, et un camarade nous a même fourni un vilebrequin.
Tout cet entourage nous a vraiment permis d’avancer plus vite et plus sereinement.
Comment avez-vous géré votre absence pendant le raid ?
Nous avons eu la chance de ne manquer aucun cours sur le campus, car la période du raid tombait au bon moment dans notre calendrier. En revanche, côté entreprise, nous avons posé tous nos congés afin de pouvoir participer au 4LTrophy.
Quelle place la solidarité a-t-elle eu dans votre aventure ?
La solidarité était partout. Bien sûr, elle était présente à travers les actions menées avec les associations, les 100 kg de dons alimentaires et matériels, et tout ce qui est apporté aux enfants et aux populations locales. Mais elle se vivait aussi au quotidien entre les équipages.
Sur le raid, on s’aide en permanence. Quand quelqu’un est en difficulté, d’autres s’arrêtent pour aider. C’est une ambiance que l’on ressent tout au long de l’aventure, et c’est probablement l’une des choses les plus marquantes du 4LTrophy.
Quelle a été votre plus belle réussite ou votre plus beau souvenir ?
Notre plus grande fierté a été un moment de solidarité très fort. Nous étions partis avec deux moteurs, car notre moteur principal avait été remplacé peu avant le départ, et nous avions gardé un second moteur de sécurité. Finalement, le moteur refait à neuf a parfaitement fonctionné.
Mais au Maroc, un équipage de deux filles a cassé son moteur. Nous nous sommes alors organisés pour leur donner notre moteur de secours afin qu’elles puissent repartir. Cela leur a permis de terminer le 4LTrophy. Pour nous, ce geste résume parfaitement l’esprit de cette aventure.
Parmi nos plus beaux souvenirs, il y a aussi tous les moments de vie partagés au bivouac, les rencontres, les échanges, et cette ambiance unique qui se crée entre les équipages.
Personne ne réussit seul, et l’entraide passe avant tout. Esteban et Lucas
Quels apprentissages retenez-vous ?
Cette expérience nous a énormément appris, autant sur le plan humain que technique. Humainement, elle nous a appris à nous adapter, à gérer le stress, à prendre du recul et à nous débrouiller avec peu de moyens. On apprend aussi beaucoup sur la vie en équipe, surtout quand on partage tout avec la même personne pendant deux semaines dans un espace très réduit.
Sur le plan technique, nous avons beaucoup appris sur la mécanique, l’anticipation des pannes et l’importance d’une voiture fiable. Le 4LTrophy demande de bien connaître son véhicule et d’être capable de réagir rapidement au moindre problème.
Quelles contraintes avez-vous rencontrées ?
Les principales contraintes ont été mécaniques. Dans ce type d’aventure, il faut faire très attention à sa voiture, l’économiser au maximum et surtout la fiabiliser avant le départ. Contrairement à ce que l’on imagine parfois, le 4LTrophy ne se résume pas aux pistes dans le désert : une grande partie du parcours se fait sur autoroute. Nous avons parcouru 6 000 km en 2 semaines. Il faut donc une voiture capable d’encaisser de très longues distances, puis de continuer dans des conditions beaucoup plus difficiles ensuite.
Même avec une préparation sérieuse, il y a toujours des imprévus. Sur le raid, les casses mécaniques font partie de la réalité : câble d’embrayage, câbles d’accélérateur, alternateur, suspensions… ce sont des problèmes que l’on voit régulièrement, et auxquels il faut être prêt. Il faut savoir réagir vite, bricoler avec les moyens du bord, et parfois trouver des solutions dans l’urgence, sans trop dépendre du staff technique, déjà très sollicité.
À cela s’ajoutent la fatigue, le manque de sommeil, l’enchaînement des journées, la route, la poussière et le stress des imprévus. Ce sont des contraintes physiques et mentales importantes, mais elles font aussi partie de l’aventure. Elles obligent à rester lucide, à s’entraider en permanence et à garder le moral, même quand la mécanique commence à fatiguer.
En quoi cette préparation a-t-elle été importante ?
La préparation a été essentielle. Nous nous y sommes pris longtemps à l’avance. Dès l’achat de la voiture, nous avons repris le projet entièrement. Nous avons travaillé sur l’extérieur, l’intérieur, l’arrière du véhicule, ainsi que sur toute la partie mécanique.

Nous avons refait le moteur à neuf, ajouté plusieurs équipements électroniques pour suivre l’état de la voiture et aider à la navigation, et intégré tous les équipements obligatoires demandés pour le 4LTrophy. Nous avons aussi préparé la voiture pour mettre en valeur nos sponsors.
Cette préparation était indispensable, car sans elle, l’aventure aurait été beaucoup plus compliquée. Malgré cela, il reste toujours une part d’imprévu.
Trouver le budget pour partir a-t-il été un défi ?
Nous savions dès le départ qu’il fallait prévoir un budget important, autour de 10 000 à 12 000 € pour mener le projet dans de bonnes conditions. Finalement, nous avons réussi à réunir entre 8 000 et 9 000 € hors voiture, ce qui reste déjà une très belle réussite.
Trouver des sponsors n’a pas été simple dans le contexte actuel. Beaucoup d’entreprises ne peuvent pas forcément se permettre de soutenir ce type de projet. Nous avons donc surtout pu compter sur des connaissances, des entreprises qui nous ont fait confiance, ainsi que sur le soutien de nos proches.
Et si c’était à refaire, quels conseils donneriez-vous ?
Si c’était à refaire, nous le referions sans aucune hésitation. C’est une aventure à part, qui fait grandir, qui apprend énormément et qui laisse des souvenirs très forts.
Le premier conseil que nous donnerions, c’est de partir avec une personne avec qui l’on s’entend vraiment bien, parce qu’on passe deux semaines dans un espace très réduit, avec beaucoup d’intensité, peu de sommeil et beaucoup de fatigue. Le second, c’est de préparer la voiture au maximum et de la fiabiliser avant tout. Enfin, il faut profiter pleinement de l’expérience, parce que ce type d’aventure est rare et laisse une trace durable.
Pour en savoir plus : @sr.racingteam sur Instagram et LinkedIn 
L’édition 2027 se prépare déjà … avec Alexis et Lucas
Les démarches administratives liées à la création de l’association sont finalisées.
Concernant la voiture, les apprentis font face à de gros travaux, notamment avec la restauration intégrale du châssis de la voiture.
Les démarches de sponsoring débutent auprès de petites et grandes entreprises tout en incluant des commerces locaux.
« Notre stratégie vise à démarcher un maximum d'entreprises pour financer le projet afin qu’elles aussi puissent s’impliquer dans cette aventure humanitaire. Le budget total a été estimé à 13 000€. Nous avons également monté un dossier afin d'obtenir des fonds de FSDIE » expliquent Lucas et Alexis, en 2e année du Programme Ingénieur de spécialité Mécanique.

Souhaitons-leur le meilleur : une recherche de sponsor fructueuse, une 4L restaurée, prête à affronter toutes les épreuves et finir la course avec un bon classement, et un soutien massif de toute la communauté Arts et Métiers.
Vous pouvez déjà les suivre sur Instagram @4LIFORNIA_27
