Réduire la consommation énergétique des robots industriels sans sacrifier la performance, c’est le défi relevé par le projet franco-allemand GreenBotAI.
Les performances mesurées sont sans appel ! « Sur certaines opérations, nous atteignons 25 % de réduction de la consommation énergétique globale de la cellule, tout en maintenant, voire en améliorant légèrement, la cadence de production » se réjouit Richard Béarée, professeur au LISPEN et porteur du projet franco-allemand GreenBotAI pour Arts et Métiers. Un gain qui concerne à la fois le robot lui-même et son système de commande, souvent énergivore et pourtant rarement pris en compte.
Un projet franco-allemand au service de la résilience industrielle
Les résultats du projet franco-allemand GreenBotAI dans lequel le laboratoire LISPEN était impliqué, confirment donc le potentiel de solutions d’IA dites « frugales » pour accompagner la transition industrielle.
Porté par un consortium réunissant des acteurs académiques et industriels, GreenBotAI vise à renforcer la résilience de l’industrie grâce à une robotique enrichie par l’intelligence artificielle, plus performante et surtout plus sobre énergétiquement.
Les équipes du projet ont développé des technologies d’IA capables de maintenir la performance industrielle en période de crise, tout en intégrant les enjeux de durabilité : « Ce projet est né dans un contexte post-covid, avec une volonté forte de continuer à faire tourner l’économie tout en intégrant le développement durable comme axe central », explique Richard Béarée.
Développer une algorithmie frugale
Le cœur du projet GreenBotAI repose sur l’optimisation énergétique des cellules robotisées industrielles. Les travaux menés ont notamment porté sur des opérations très répandues, comme la prise de pièces (picking) ou l’inspection automatisée, en intégrant des algorithmes d’IA embarqués directement dans les systèmes robotiques.
« Nous avons développé une algorithmie frugale, suffisamment légère pour être embarquée sur de petites cartes, sans recours au cloud ni à des capacités de calcul lourdes » précise Richard Béarée. Résultat : une réduction significative de la charge de calcul, mais aussi une optimisation des trajectoires et des mouvements des robots.
Une reconnaissance européenne et de nouvelles perspectives
Au-delà des résultats technologiques, GreenBotAI contribue à positionner Arts et Métiers sur le champ émergent de la robotique enrichie par l’IA, ou « IA physique », tout en illustrant un enjeu stratégique de souveraineté européenne. « Sur ces sujets de robotique et d’IA, la compétition est aujourd’hui dominée par la Chine et les États-Unis, mais ce projet montre que l’Europe a un véritable potentiel et qu’il ne faut pas renoncer », souligne Richard Béarée.
La dynamique créée ne s’arrête pas à la clôture officielle du projet. « L’événement final a généré de nouveaux contacts et ouvert la voie à d’autres montages de projets européens en robotique et IA », ajoute-t-il.